Deux critiques de plus et mon 367ème film... y arriverai-je?

Publié le par Josée - Vampirella Orasul

Pour elle, France, 2008, 1h36



Thriller, de Fred Cavayé

Avec Diane Kruger, Vincent Lindon, Lancelot Roch

Date de sortie : 03 décembre 2008

5*


Main de fer dans gant de velours : les plans d’un homme désespéré mais résolu. Ce qu’on ne ferait pas pour Diane Kruger…


Un petit film facile et rapide avant Noël, un synopsis prévisible : un homme qui fait tout pour sauver celle qu’il aime, la pauvre innocente condamnée injustement. Et puis non : ce film s’envole bien loin des premières idées qu’on aurait pu en avoir, et même, se détache clairement des autres films français de ce genre. Pour la crédibilité, une note parfaite : les deux personnages principaux semblent être dans leur droit en se battant pour leur vie face à un système absurde.

Fred Cavayé signe son premier film qui n’a rien d’un nouveau-né : c’est plutôt déjà un adulte fort et réfléchi dont il a longtemps peaufiné le scénario, comme l’homme de cette histoire qui échafaude de malins plans d’évasion.

Lisa et Julien forment un couple heureux dans leur mariage, s’aimant passionnément, et formant un gentil tableau avec leur fils Oscar qui n’a que quelques mois quand éclate l’orage. Une sombre affaire de meurtre dans un parking dont on ne saura jamais ce qu’il est advenu de la meurtrière : Lisa allait reprendre sa voiture quand elle a croisé une femme dans les escaliers, qui l’a bousculée et qui lui a appliqué une main sanglante sur le manteau. Un cadavre git près de la voiture de Lisa, c’est une autre femme dont le sang coule d’une blessure à la tête faite avec un extincteur que Lisa a pris en le voyant là sans savoir ce qui s’était passé. Trop tard, un témoin l’a identifiée et tout concorde pour l’accuser : le sang, les empreintes, sa présence sur les lieux à ce moment.

Des flics agressifs débarquent alors que le trio vit un moment heureux chez eux, même si Lisa a essayé de nettoyer son manteau, surprise d’y trouver du sang. Un long enfer commence : reconnue coupable, elle écope de 20 ans de prison, elle est incarcérée et pendant des années, son mari lui rend visite. Celui-ci avec les grands-parents reste atterré quand rien ne s’arrange à la cour de cassation, et il comprend alors que sa seule solution, c’est de planifier une évasion. Il ne va surtout pas écouter le « je suis désolée » de l’avocate et ne rien faire. Quand la loi ne sert plus nos intérêts, il faut faire sa propre loi, dictée par l’amour, et le combat de cet homme devient tout à fait justifié aux yeux du spectateur, se tordant les mains dans l’espoir qu’ils réussissent. C’est cela un bon film, quand le spectateur se sent en quelque sorte dépendant, démuni, il doit absolument voir la suite et attend avec impatience en oubliant qu’il est dans une salle de cinéma.



Julien a compris la bonne façon de procéder : observer, noter, faire des plans. Il crée un véritable plan de bataille chez lui en écrivant tout sur le mur et en collant toutes sortes d’informations au fur et à mesure. Un issue se dessine, le plan prend forme, il est prêt à tout pour la sauver, surtout lorsqu’il constate que cela devient pressant. Un problème épineux : l’argent. Il s’arrange pour s’en procurer.  Il fait appel à des « professionnels » après quelques mésaventures. Il choisit une destination pour fuir à l’étranger. Il observe les allées et venues à la prison. La santé de Lisa faiblit, elle est menée à l’hôpital. C’est alors qu’il se décide à passer à l’action.

Ce n’est pas tout d’avoir un plan, il faut avoir une arme et savoir s’en servir. L’intérêt de ce film, c’est évidemment la présence de Vincent Lindon, plus que sympathique dans sa détresse, qui passe du bon au brutal par obligation. Impossible de sauver celle qu’il aime sans verser du sang, et il est conscient de basculer dans l’illégalité pure et simple. Vont-ils s’en sortir ? Lisa avait compris qu’il se passait quelque chose depuis longtemps, elle en avait fait toute une scène. Le jour de l’évasion, elle résiste  à son mari puis embarque.

Pour elle joue sur deux plans : il s’agit d’abord d’un drame intimiste puisque l’on plonge dans l’enfer avec Diane Kruger toujours aussi séduisante, même en prisonnière et dans la souffrance de ses proches, de son fils qui ne la reconnaît presque plus. Il est facile de croire qu’on ferait tout pour elle, envers et contre tous, comme dans le film Troie où elle jouait Hélène, la raison pour laquelle la guerre avait été déclenchée. Enfin, il reprend les éléments du thriller à l’américaine avec des flics coriaces et une poursuite effrénée. C’est surtout à l’aéroport que les choses se corsent. Mais le destin avait déjà décidé…

Quand on croit aller voir un film qui apparait comme un coup d’essai et qu’on tombe sous un coup de maître : presque le film de l’année…

 

 

Le jour où la terre s’arrêta (titre original The day the earth stood still),



États-Unis, 2008, 1h42

Science-fiction, de Scott Derrickson

Avec : Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Kathy Bates

Date de sortie : le 10 décembre 2008

Date de sortie du film original : 18 avril 1952

Que 3 étoiles, même si on aurait aimé mettre plus…


L’intention était certes louable, le message passe clairement, mais où est ce je-ne-sais-quoi qui fascine fait voyager, « comme » dans un « vrai » film de SF ?


Quel dommage de voir ce film ne répondant pas aux attentes qu’on pouvait en avoir : décidément quelque chose manque, l’ingrédient miracle qui aurait fait lever la pâte, ce qui laisse une impression désagréable d’inutilité. Mais pourquoi a-t-on fait ce film, finalement ? Oui, pour montrer la réaction violente des États-Unis devant quelque chose que personne ne peut comprendre. Au lieu d’écouter, on attaque. Rien de nouveau, en somme.

Il s’agit d’un remake du classique du même titre réalisé en 1951 par Robert Wise, un chef-d’œuvre de la science fiction, et le premier à présenter un extraterrestre pacifiste au lieu d’être communiste, la principale menace pendant la guerre froide. Malgré son ancêtre prestigieux, le nouveau film rate son objectif, quoique l’on puisse y admirer les effets spéciaux détonnants et l’interprétation de qualité. Certes, il y avait quelque chose à comprendre, un message écologiste, mais celui-ci laisse froid alors que cela aurait pu être le contraire.

Helen Benson (Jennifer Connelly) est une biologiste s’intéressant aux théories des formes de vie, vivant seule avec son fils depuis que son mari, qui était dans l’armée, a été tué. Un soir qu’elle se prépare à dîner tranquillement chez elle, un appel la laisse perplexe et désemparée : on l’avertit que quelqu’un va venir la chercher. Ce quelqu’un, c’est le gouvernement qui semble venir l’enlever pour des motifs inconnus. Ils ont même fermé entièrement l’autoroute pour pouvoir passer avec leur attirail de policiers accompagnateurs et de voitures noires.

À l’arrivée, elle découvre plusieurs scientifiques « parqués » comme elle, qui n’ont aucune idée des raisons de leur présence. En tout cas, cela semble obligatoire et top secret. Une boule mystérieuse a atterri à New York, apparemment extraterrestre, avec à bord un certain Klaatu. En réalité, on n’apprend son nom que bien plus tard. Attaqué et mis hors d’état de nuire par une balle, l’extraterrestre est recueilli dans cette base secrète du gouvernement où les scientifiques veulent l’aider et l’examiner pour en apprendre plus. Un médecin s’occupe de l’opération, il doit extraire la balle et il constate que la chair de cet individu ressemble à du blanc de baleine. Sous cela pourtant, il y a la même structure que les humains, avec des nerfs et des os.

L’extraterrestre guérit très rapidement et se métamorphose en être humain : en écoutant parler, il apprend rapidement la langue et réussit à s’exprimer. Bien qu’il se dise pacifique, cela ne réussit pas à rassurer la Secrétaire de la Défense (Kathy Bates) qui parle au nom du Président des États-Unis. Celle-ci n’a pas les mêmes intentions que les scientifiques, elle veut surtout protéger son pays et l’humanité, en alléguant que dans la lutte des civilisations, la civilisation la plus avancée finit par exterminer l’autre. Klaatu, c’est le nom de l’ET, affirme représenter un groupe de civilisations venu mettre en garde une humanité sur le bord de la crise. S’ils détruisent la terre, d’autres extraterrestres viendront les détruire, et tout le monde sait que chaque civilisation en arrive à cet état critique où il faut absolument changer. Klaatu n’y croit pas, il désespère de la race humaine en disant qu’elle n’est pas prête à changer.

La Secrétaire n’a pas l’intention de le laisser s’échapper, mais Helen lui vient en aide en remplaçant le sérum que le gouvernement vient de lui donner par un autre inoffensif, elle lui chuchote à l’oreille de s’échapper. On croirait que ce n’est pas si facile dans cet endroit gardé à mort par des soldats, mais c’est sans compter les pouvoirs extraordinaires de l’ET. Dans la cohue, des gens fuient partout dans le monde, craignant une invasion après le vaisseau qui a débarqué à New York : ils veulent s’écarter des centres. Klaatu a réussi à s’échapper en bernant l’examinateur, il l’a hypnotisé et lui a soutiré la façon de sortir, le code d’accès et même son costume taille 42. Comme par hasard, il retrouve Helen et son fils.

La suite de l’histoire se perd dans le brouillard, mais le méchant venu punir les humains, marchant de façon catastrophique comme l’énorme fantôme qui écrase tout dans Ghostbuster, impressionne. Il ressemble à un Batman énorme et métallisé et se transforme en sorte de cyclone de petites particules grises formé d’insectes se multipliant renverse tout sur son passage, des immeubles et un stade complet. On dirait la fin du monde, mais sans l’aspect humain, sans la saveur du désespoir des survivants. Certes, le film propose quelques moments d’émotion, et c’est peut-être le but du film, même s’il est difficile à cerner ? En passant du temps ensemble, Helen, son fils et Klaatu apprennent à se connaître et Klaatu change son regard sur l’espèce humaine. L’amour entre Helen et le petit garçon est presque palpable. Klaatu possède la faculté de guérir les blessures avec un extrait de sa chair d’extraterrestre, c’est ainsi qu’il guérit un policier qui semblait mort. Le petit garçon en a donc conclu qu’il pourrait ramener son père à la vie et l’a amené dans le cimetière militaire. Klaatu lui répond qu’il y a des choses qu’il ne peut pas faire et que rien ne meurt vraiment, l’univers transforme tout. Ce qui est peu convaincant comme tout le reste. L’extraterrestre a cependant compris que l’espèce humaine pourrait changer : oui mais comment ? C’est ce que l’on ne voit pas… Il affirme que les extraterrestres sont partout, tout autour, mais on n’en apprend pas plus. Et puis, Klaatu retourne dans son monde avec la boule mystérieuse et lumineuse, mais ils se séparent froidement, on aurait préféré plus d’émotions, comme dans l’original E. T. ou même une histoire d’amour ?

Bref, on peut voir ce film pour le plaisir de revoir Keanu Reeves qui a tout de même bien joué son rôle, habitué à la science-fiction avec Matrix. L’interprétation de la belle Jennifer Connelly est à la hauteur de son talent, comme on l’a vu lorsqu’elle jouait la charmante adolescente de Labyrinthe, et plus récemment dans Blood Diamond,  Le seul problème, c’est que son talent se trouve mal placé ici : qu’est-ce qu’elle faisait dans ce film ? On dirait qu’elle s’est égarée et trompée de plateau de tournage.

Pour se consoler, on peut toujours se tourner vers le passé et revoir le film original, poli par le temps, un incontournable. En attendant un meilleur remake. Ou un autre film de Keanu Reeves en surfeur californien, ou un autre film de Jennifer Connelly, de style fantastique, là où elle excelle!

Mille étoiles filantes,

Vampirella Orasul

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article