"Brüno", la vulgarité embarrassante qui veut provoquer l'Amérique...

Publié le par Josée - Vampirella Orasul

 Le réalisateur Larry Charles a travaillé sur une comédie mettant en scène un autre personnage créé par l'humoriste Sacha Baron Cohen. "Brüno" est tout aussi vulgaire que "Borat" mais la représentation de ses frasques apparaît mois osée et la surprise finit par tomber et faire dire "bof bof" au bout d'un quart d'heure.

Prenant exemple sur cette précédente comédie qui se voulait une provocation de l'Amérique, le film Brüno, puisque film il y a, présente les aventures dudit Brüno, une sorte de Brice de Nice pas drôle, homosexuel autrichien complètement imbu de lui-même avec ses dialogues tristes qui tournent au monologue. Celui-ci se fait virer de la ville après une autre de ses frasques qui laisse bouche bée plutôt que mort de rire, et il décide de partir en Amérique pour devenir célèbre afin que ceux qui ne l'aiment pas le suivent malgré eux.

Les blagues de sodomie répétée risquent de blaser à mort le spectateur le plus tolérant ; en plus, le film n'est ni pour les gays, ni contre les gays, de sorte qu'il en devient neutre et sans but précis. La surenchère des mimiques, danses et comportements ridicules de Brüno donnent la nausée. En plus, les sketches sont de qualité inégale, ce qui fait que l'on ne sait plus quel est l'objectif du film.

Sa manie de se prendre les pieds dans les plats en faisant exactement l'inverse de ce que l'on aurait pu attendre est si prévisible que l'intérêt du scénario faiblit très rapidement. Même un film comme "Poltergay" proposait des gags moins médiocres et plus d'émotions, en étant pro-gays et pro-fantômes. La réflexion existentielle sur l'homosexuel et son rapport avec les autres en est à son plus bas niveau et n'arrive pas à la cheville d'un Almodovar.

Toutefois, il faut admettre que l'acteur est doué pour le one-man show, comme un Gad Elmaleh en version homosexuel tout aussi mignon. Le réalisateur fait preuve d'un certain dynamisme et d'une inventivité de situations lorsqu'il vise bien ses cibles. Ainsi, "Brüno" devient un film pertinent qui stigmatise une Amérique que l'on voit presque sous son vrai jour, à peine un peu exagérée. Lorsqu'il confronte son héros avec les derniers bastions du conformisme en Amérique, il faut lui reconnaître une certaine audace pour révéler l'incroyable stupidité de l'Américain : les prêtres qui convertissent les gays, l'armée, la bande de chasseurs en camping et les homophobes de l'Arkansas.

Certaines scènes s'avèrent divertissantes, comme l'interview avec Paula Abdul et les chaises faites en Mexicains, mais encore là, on ne peut applaudir pour le bon goût puisque celui-ci reste assez douteux. Cette énergie déployée dans tous les sens sauve presque le film : l'exploration de Brüno à travers l'Amérique, ses rêves et sa faculté de continuer toujours sans jamais se décourager finissent par entraîner dans un sillage de folie contagieuse.

Au final, les longueurs et les gags qui tombent à plat rendent le film parfois triste, parce qu'il n'a pas l'énergie du vampire transsexuel du "Rocky horror picture show", mais il en a tout de même un peu le style. Les scènes dingues et l'humour trash laissent un souvenir durable malgré tout...


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Publié dans Critiques de films

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