"X-men Origins: Wolverine", le maillon faible dans la série qui ne garde la tête hors de l'eau que par ses effets visuels
X-men Origins: Wolverine, Etats-Unis, 2009, 1h45
Fait partie de la Saga X-MenFilm fantastique, de science-fiction, d'action de Gavin Hood
Ave: Hugh Jackman, Danny Huston, Liev Schreiber
Date de sortie: 29 avril 2009
3 étoiles
Synopsis:
Après avoir intégré le programme militaire " Weapon X " qui transforme les mutants en armes vivantes, Wolverine n'a de cesse de retrouver ceux qui ont tué son père et la femme qu'il a aimée.
Critique:Spectacle impressionnant mais non épique, utilisant des effets spéciaux du tonnerre...
Bien que les effets spéciaux soient véritablement efficaces, la narration peu travaillée de X-men Origins: Wolverine ne suscite pas la curiosité intellectuelle plus que nécessaire. Ceux qui s'attendent à un film proposant une réflexion profonde sur les origines du personnage resteront sur leur faim. Il est vrai qu'on a vaguement tenté une introspection pour comprendre d'où vient le caractère bien affirmé du héros, mais cela reste superficiel et l'on ne remarque aucun dialogue particulièrement intelligent pour se plonger dans la psychologie du personnage. Puisqu'on a mis "origins" dans le titre, on était en droit d'attendre quelques explications significatives.
Encore une fois, ce qui passe bien en BD ou dans un sketch ne passe pas aussi bien dans un film qui doit se montrer assez intéressant pour justifier sa durée: 1h45 pour une intrigue qui se raconte grosso modo en 15 minutes! En revanche, un public moins exigeant pourra se montrer satisfait à plusieurs niveaux: l'interprétation du talentueux et versatile acteur Hugh Jackman, moins beau en Wolverine que dans ses rôles de cow boy local australien (Australia, 2008) , fringant aristocrate (Scoop, 2006), magicien (Le prestige, 2006). Il a tout de même démontrer que nul autre acteur n'aurait su interpréter Wolverine et ses griffes meurtrières brillant de tous leurs feux. Il a si bien joué son rôle qu'il a occulté tous les autres personnages, de simples figurants dans l'histoire, alors que le nom X-men parle bien de plusieurs personnes.
L'histoire ne présente aucune originalité, on la croirait calquée selon la formule classique des films d'action: deux frères dissemblables aux pouvoirs spéciaux, grandissant ensemble jusqu'à ce que chacun adopte soit la voie du mal, soit la voie du bien. Logan, qui se fait appeler plus tard Wolverine, tire un trait sur son passé de mercenaire pour le gouvernement, et vit tranquillement au Canada avec une charmante jeune femme, comme dans La petite maison dans la prairie, ce qui cause quelques soupirs d'ennui. Son frère le retrouve et tue sa femme, ce qui motive Wolverine à sortir de sa retraite et se venger.
Impossible de trouver plus creux et moins subtil, même un film comme Hellboy montre plus d'élaboration dans le scénario... Les personnages manichéens sont soit tout bons, soit tout méchants, des meurtres surviennent de façon gratuite, sans sentiments, juste pour s'amuser à se venger, ce qui est choquant pour le spectateur qui ne tire rien de la vue de personnes tombant subitement mortes par terre d'une façon violente, uniquement justifiée par un instinct animal de vengeance. La crédibilité en prend un coup: est-il possible, même pour un mutant, de rester imbécille toute sa vie sans aucune possibilité d'évolution? Le visage de Danny Huston dit bien autre chose, comme s'il y avait eu une facette cachée de Victor le méchant frère, qui n'aurait pas eu l'occasion de s'exprimer. Ou peut-être s'agissait-il simplement d'une complète erreur de casting.
Les scènes de combat, d'un aspect visuel divertissant pour leur lumière, n'ayant pas de justification puisque le scénario tourne à vide, alourdissent le film et causent autant de temps morts, sauf si l'on met son esprit en berne pour ne regarder que les effets spéciaux. N'était-ce pas un film de trop?
X-Men Origins n'a ni punch, ni âme, mais il se reprend en se transformant en une petite bombe prête à exploser. L'on ne s'ennuie certes pas mais cela ne constitue pas pour autant une suite digne des vrais X-men. Toutefois, l'on peut en sortir avec un sourire en se remémorant la scène où le héros se fait greffer une armure de métal, immergé dans une cuve, une opération qui a presque raison de lui, les superbes paysages canadiens et encore tout impressionné par ses longues griffes qui à la manière de Freddy, si elle ne traversent pas la nuit, forment les véritables armes de combat d'un héros indestructible malgré l'amnésie dont il est frappé.
Il ne s'agit pas du dernier opus. Ceux qui resteront jusqu'à la fin du générique pourront voir quelques dernières images qui relancent le débat et ouvrent la porte sur de nouvelles aventures. Normal, quand on est immortel... Relèvront-ils le défi la prochaine fois?
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