"Let's make money": les gens avant l'argent ou l'argent avant les gens? Le documentaire choc qui fait toute la lumière
Let's make money, Autriche, 2008, 1h47
Documentaire, de Erwin Wagenhofer
Avec Antonio Baena Perez, George Belton, John Christensen
Date de sortie: 15 avril 2009
5 étoiles

Synopsis:
Critique:
Film malin qui plonge dans le labyrinthe du capitalisme financier: à qui profite le crime?
Documentaire, de Erwin Wagenhofer
Avec Antonio Baena Perez, George Belton, John Christensen
Date de sortie: 15 avril 2009
5 étoiles

Synopsis:
Après We Feed the World, documentaire évènement sur notre alimentation, le réalisateur Erwin Wagenhofer revient avec Let's Make Money. Le film suit notre argent à la trace dans le système financier mondial. Ce documentaire impressionnant est le tout premier film à démonter les bases du système libéral et ses conséquences humaines, démographiques et écologiques.
Critique:
Film malin qui plonge dans le labyrinthe du capitalisme financier: à qui profite le crime?
Erwin Wagenhofer, le réalisateur autrichien de We feed the world (2007), pointant du doigt les désordres de l'industrie alimentaire où excès non utilisés et pauvreté de ceux qui meurent de faim se côtoient, n'a pas froid aux yeux. Il fait partie de ces réalisateurs qui veulent diffuser la vérité cachée et qui ne sont pas très bien vus par les dirigeants, parmi ceux-ci les américains Michael Moore avec Bowling for Columbine (2002), dénonçant la culture de la peur et des armes et Morgan Spurlock avec Supersize me (2004) racontant les dangers de la malbouffe.
Let's make money, un documentaire qui s'inscrira pendant longtemps sinon toujours dans la mémoire du spectateur, est une sorte de road-movie documentaire, incisif et sans temps mort qui nous entraîne dans les dédales de l'univers financier, d'une grande complexité, par le biais d'interviews avec des personnages haut placés. Ne cachant rien de la réalité et ne cherchant surtout pas à l'embellir, le documentaire survole le monde entier à la recherche des causes et des conséquences de la crise financière.
Surtout, il pose cette question pertinente à l'entrée du jeu: savez-vous vraiment où va votre argent mis à la banque? Nous entendons enfin parler ceux qui tiennent ou qui ont tenu les fils importants du système financier: un ancien "assassin financier" qui poussait les pays du tiers-monde à s'endetter pour les couler, un professeur d'économie à l'université, un dirigeant d'entreprise en Inde...Certains personnages sont froids et racontent leurs méfaits comme des nazis qui feraient une liste de leurs fonctions, d'autres sont conscients des dégâts causés par les désordres du système financier sur les gens, par exemple lorsqu'il est question de la privatisation des tramways autrichiens. On nous explique que privatisation vient d'un mot latin qui signifie "dépouiller". Car c'est une vaste opération de dépouillement que l'on nous présente.
Faire toute la lumière sur le système financier actuel, insensé et ne tenant aucun compte des gens, tel est le but atteint par ce film dynamique et osé qui conclut que ce sont toujours les citoyens ordinaires, les "braves gens" qui finissent par financer malgré eux des paris dangereux faits par une toute petite élite très riche qui appauvrit tout le monde.
Le réalisateur, ex-journaliste, filme ces hommes sans pitié, vampires de la finance, d'une façon assez ironique dans des véhicules en mouvement (tramway, train, téléphérique, voiture) comme pour montrer qu'ils sont insaisissables et qu'on ne peut pas les arrêter ou pour signifier que le temps, c'est de l'argent, et qu'ils ont accordé cette interview importante à contre-coeur, au regret de perdre quelques minutes, mais étonnamment, sans même une pointe de culpabilité envers leurs méfaits.
Le documentaire se penche aussi sur les pauvres, dont on nous fait comprendre la situation à grand coup d'images très choquantes: la main d'oeuvre à bon marché que l'industrie de la construction puise chez les immigrants, les enfants et femmes d'Afrique qui récoltent le coton à longueur de journée, et souvent pour rien, les bidonvilles de Bombay où un enfant fait planer son cerf-volant, construites en-dessous d'énormes affiches publicitaires vantant la vie facile et un logement enchanteur. Le plat de résistance de ce film pourrait être le survol des catastrophes de la bulle du logement en Espagne, à des endroits où on a construit de vastes complexes touristiques fantômes que personne n'habite et qui, à proximité de terrains de golf, prennent de la valeur et consomment énormément d'eau, en n'ayant pas d'autre but que de créer une chaîne d'investissements.
On nage en plein cauchemar digne d'un film de science-fiction en réalisant le crime de l'évasion fiscale, considérée comme un délit mais pas encore assez grave pour toucher à la vie personnelle selon ce que les Suisses imaginent. Des gens très riches peuvent ainsi ne pas déclarer leur nom pour éviter la taxation, et font ainsi perdre des millions de dollars aux gouvernements du monde entier qui pourraient les utiliser pour endiguer la pauvreté.
Cette enquête dénonce d'une façon poignante les absurdités d'un système qui, s'il n'est pas radicalement changé, finira par causer une autre guerre mondiale. Let's make money, un film à voir parce qu'il touche au coeur bien avant de faire songer au porte-feuille. Toutefois, il ne sombre pas dans le désespoir en se terminant sur une note optimiste d'espoir quand il insiste sur la nécessité de redistribuer équitablement les richesses.
Quand la réalité crée un vrai film dramatique et d'action avec des moments d'étonnement qui stimulent la curiosité intellectuelle et font vraiment réfléchir sur l'avenir du monde, de la race humaine...
Let's make money, un documentaire qui s'inscrira pendant longtemps sinon toujours dans la mémoire du spectateur, est une sorte de road-movie documentaire, incisif et sans temps mort qui nous entraîne dans les dédales de l'univers financier, d'une grande complexité, par le biais d'interviews avec des personnages haut placés. Ne cachant rien de la réalité et ne cherchant surtout pas à l'embellir, le documentaire survole le monde entier à la recherche des causes et des conséquences de la crise financière.
Surtout, il pose cette question pertinente à l'entrée du jeu: savez-vous vraiment où va votre argent mis à la banque? Nous entendons enfin parler ceux qui tiennent ou qui ont tenu les fils importants du système financier: un ancien "assassin financier" qui poussait les pays du tiers-monde à s'endetter pour les couler, un professeur d'économie à l'université, un dirigeant d'entreprise en Inde...Certains personnages sont froids et racontent leurs méfaits comme des nazis qui feraient une liste de leurs fonctions, d'autres sont conscients des dégâts causés par les désordres du système financier sur les gens, par exemple lorsqu'il est question de la privatisation des tramways autrichiens. On nous explique que privatisation vient d'un mot latin qui signifie "dépouiller". Car c'est une vaste opération de dépouillement que l'on nous présente.
Faire toute la lumière sur le système financier actuel, insensé et ne tenant aucun compte des gens, tel est le but atteint par ce film dynamique et osé qui conclut que ce sont toujours les citoyens ordinaires, les "braves gens" qui finissent par financer malgré eux des paris dangereux faits par une toute petite élite très riche qui appauvrit tout le monde.
Le réalisateur, ex-journaliste, filme ces hommes sans pitié, vampires de la finance, d'une façon assez ironique dans des véhicules en mouvement (tramway, train, téléphérique, voiture) comme pour montrer qu'ils sont insaisissables et qu'on ne peut pas les arrêter ou pour signifier que le temps, c'est de l'argent, et qu'ils ont accordé cette interview importante à contre-coeur, au regret de perdre quelques minutes, mais étonnamment, sans même une pointe de culpabilité envers leurs méfaits.
Le documentaire se penche aussi sur les pauvres, dont on nous fait comprendre la situation à grand coup d'images très choquantes: la main d'oeuvre à bon marché que l'industrie de la construction puise chez les immigrants, les enfants et femmes d'Afrique qui récoltent le coton à longueur de journée, et souvent pour rien, les bidonvilles de Bombay où un enfant fait planer son cerf-volant, construites en-dessous d'énormes affiches publicitaires vantant la vie facile et un logement enchanteur. Le plat de résistance de ce film pourrait être le survol des catastrophes de la bulle du logement en Espagne, à des endroits où on a construit de vastes complexes touristiques fantômes que personne n'habite et qui, à proximité de terrains de golf, prennent de la valeur et consomment énormément d'eau, en n'ayant pas d'autre but que de créer une chaîne d'investissements.
On nage en plein cauchemar digne d'un film de science-fiction en réalisant le crime de l'évasion fiscale, considérée comme un délit mais pas encore assez grave pour toucher à la vie personnelle selon ce que les Suisses imaginent. Des gens très riches peuvent ainsi ne pas déclarer leur nom pour éviter la taxation, et font ainsi perdre des millions de dollars aux gouvernements du monde entier qui pourraient les utiliser pour endiguer la pauvreté.
Cette enquête dénonce d'une façon poignante les absurdités d'un système qui, s'il n'est pas radicalement changé, finira par causer une autre guerre mondiale. Let's make money, un film à voir parce qu'il touche au coeur bien avant de faire songer au porte-feuille. Toutefois, il ne sombre pas dans le désespoir en se terminant sur une note optimiste d'espoir quand il insiste sur la nécessité de redistribuer équitablement les richesses.
Quand la réalité crée un vrai film dramatique et d'action avec des moments d'étonnement qui stimulent la curiosité intellectuelle et font vraiment réfléchir sur l'avenir du monde, de la race humaine...
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