243 films. Des vieux films et des modernes - The reader, Une semaine sur deux, Attaque du métro 123, Hara kiri, Prends l'oseille et tire-toi, Jusqu'à toi
Synopsis :
Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle.
Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture.
Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien.
Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé.
Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusés.
Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour...
The reader - La critique
Intenses émotions mais malaise généralisé pour un film qui occulte la tragédie des victimes et porte à sympathiser avec une SS
Stephen Daldry, réalisateur du triste et poétique "The hours" (2003) signe ici un drame historique, selon le best seller du même nom écrit par Bernhard Sclink, professeur de droit à Berlin. Ce drame qui n'apporte pas de réponse rend mal à l'aise parce qu'il nous amène à sympathiser avec une ancienne gardienne des SS. Le fil est soutenu par la performance en or de Kate Winslet, qui fait presque le film à elle toute seule.
Le réalisateur n'a pas hésité à plonger dans un passé sombre qui fascine toujours autant malgré son horrible absurdité. Le montage parallèle explore bien le passé le plus révoltant (la guerre - 1944) tout en soulignant les conséquences sur un passé plus récent (1966), jusqu'à l'époque moderne, vers l'années 1995. L'intrigue, finement ficellée, se penche sur ces personnages de gardiennes de camps de concentrations, soulignant la banalité du mal en montrant des femmes qui tricotent à leur procès et refusent de regarder le livre d'une survivante. On va assez loin en les faisant passer pour des sortes de monstres qui n'auraient pas eu de sens moral ; c'est l'amour pour une de ces monstrueuses femmes que décrit ce film qui n'est toutefois pas à la hauteur de ce qu'on aurait pu espérer. En effet, il occulte la tragédie des prisonnières juives et manque de dynamisme en ne renvoyant pas à ces scènes terribles que l'on nous décrit mais que l'on ne voit pas. Il fait la part belle au drame d'Hanna, qui est pourtant le bourreau et non pas la victime.
Il est peut-être vrai que ces femmes n'avaient pas de sens moral, mais les dialogues intelligents tout au long du film font apparaître une réalité plus complexe et plus subtile en dressant le portrait d'une de ces gardiennes, essayant de vivre sa vie de femme après la guerre. Reprenant l'un des thèmes du "Patient anglais", auquel on ne peut s'empêcher de songer, le film livre un petit bout de vie et de bonheur : l'histoire d'amour entre deux êtres très différents de par leur âge et leur milieu de vie. Cette "petite histoire" dans l'Histoire joue le rôle d'une ampoule qui aurait pour but d'éclairer dans les ténèbres.
Kate Winslet n'a pas hésité à s'aigrir et s'enlaidir, puis se vieillir pour interpréter cette femme marquée par la vie : la voilà bien loin de son rôle de jeune fille victorienne de "Titanic" ou même celui d'épouse malheureuse et de mère de famille des "Noces rebelles", quoique la fin soit quelque peu similaire dans son désespoir.
Ralph Fiennes n'a pas beaucoup changé depuis "Le patient anglais" : il se montre tout à fait convaincant mais ne dérive pas beaucoup de son registre habituel.
Même si les films sur la deuxième guerre mondiale continuent de foisonner ("Les insurgés", "Survivre avec les loups", dernièrement, celui-ci arrive à marquer l'esprit en adoptant un angle original : la psychologie des gardiennes de camps de concentration, qui envoyaient les autres femmes à la mort par quota. Kate Winslet en femme assez dure, souvent masculine, mais po urtant belle et fière (elle n'osera jamais dire qu'elle ne sait ni lire, ni écrire) offre une prestation magistrale surtout par sa transformation dans le temps : en prison, elle prend conscience qu'elle doit renoncer à la vie et à l'amour, même si elle n'est pas plus coupable que les autres. Elle apprend à lire et écrire, le dernier effort qu'elle fera pour s'humaniser dans la vie, la dernière chose qui la relie à l'amour et aux sentiments. Comme une citation du film le dit si bien "le thème du secret est un thème central de la littérature occidentale", c'est bien le cas d'Hanna et de sa vie.
Le film permet de vivre d'intenses émotions et de se rappeler qu'en tout être humain se cache malgré tout une part de bonté et un droit à l'amour au moins une fois dans la vie.
Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires)
| Date de sortie : 22 Juillet 2009 Réalisé par Ivan Calbérac Durée : 1h 38min. Année de production : 2009 Distribué par TFM Distribution |
Léa, douze ans, aurait aimé vivre dans une autre famille...
Une famille où l'on ne se sépare pas, où l'on n'a pas deux maisons... une famille où sa mère la comprendrait mieux, où son père aurait un peu plus les pieds sur Terre et où son petit frère écolo ne lui reprocherait pas son temps passé sous la douche sous prétexte qu'il n'y aura bientôt plus d'eau sur la planète...
Cette année-là, Léa entre en cinquième. Tandis que son père et sa mère tentent de reconstruire leur vie, elle va connaître son premier amour, celui qui bouscule les certitudes sur le monde, sur les parents, celui qui fait qu'on n'est plus jamais vraiment le même.
Cette année-là, chacun va peu à peu retrouver son équilibre et s'ouvrir aux autres...
Agréable à voir mais plutôt banale, une comédie familiale convenue passant en revue les clichés de tout le catalogue du couple, de l'adolescence et de la famille reconstituée
Sympathique comédie sur un mode mi-dépressif, mi-libérateur où les adultes comme les enfants y trouvent leur compte. Sur le même mode un peu mois entraînant que son "On va s'aimer" (2006), Yvan Calbérac livre une réflexion pus profonde sur l'adolescence en refaisant un anti-"La Boum" juste à la suite de "LOL", dans la même lignée mais sur un mode moins dramatique. L'adolescence, ou le portrait qu'on en fait s'avère en tout cas moins perturbé et plus tendre. Avec une Mathilde Seigner en pleine forme, qui encore une fois a tout pour plaire.
Même si Calbérac vise juste dans ses dialogues et ses situations, il court un peu trop de lièvres à la fois (la famille, le couple et l'adolescence) et survole chaque thème de façon assez superficielle. De plus, il n'est pas particulièrement innovateur : son film fait figure de bon soldat qui va se placer à côté pour faire le portrait de famille de la comédie familiale à côté de ses prédécesseurs qu'il ne peut surpasser. Pas de situation véritablement originale qui ne ressemblerait pas à du déjà-vu dans un catalogue de clichés ; l'adolescente autour de qui l'histoire tourne, n'est pas non plus d'un caractère particulier comme celle de "Stella" et ""Le hérisson" par exemple, offrant des portraits plus suprenants. Trop convenu, ce film risque de se noyer dans la masse : il est certes agréable à voir mais assez banal, il s'envolera à la première brise pour se faire remplacer par une autre comédie familiale peut-être un peu plus juteuse, espérons-le.
Attaque du métro 123
Synopsis :
| Walter Garber est aiguilleur du métro à New York. Comme chaque jour, il veille au bon déroulement du trafic, lorsque la rame Pelham 123 s'immobilise sans explication. C'est le début du cauchemar. Ryder, un criminel aussi intelligent qu'audacieux, a pris en otage la rame et ses passagers. Avec ses trois complices lourdement armés, il menace d'exécuter les voyageurs si une énorme rançon ne lui est pas versée très vite. Entre les deux hommes commence un incroyable bras de fer. Chacun a des atouts, chacun a des secrets, et le face-à-face risque de faire autant de victimes que de dégâts. La course contre la montre est lancée... |
Attaque du métro 123 - La critique
Divertissante série B de l'été, aux effets spéciaux explosifs mais sans grande réflexion ou recherche cinématographique
Dans ce thriller mouvementé aux effets spéciaux littéralement explosifs, le tape-à-l'oeil devient le mot d'ordre pour dissimuler le manque de substance dans un tête-à-tête bête et raté entre deux grands acteurs (Denzel Washington et John Travolta).
La confrontation psychologique à la manière Clarice Starling/Dr Hannibal Lecter n'est pas au point et le film se contente de reprendre tous les clichés de son genre, le thriller du métro-boulot-dodo lorsque des pirates doivent bouleverser cet ordre. Impossible d'oser comparer ce remake à l'original des années 1970, Les pirates du métro, puisqu'il n'arrive même pas à sa cheville ; même un pirate des Caraïbes de plus risquerait d'amuser davantage.
Toutefois, on peut voir ce film cocaïné, parfois impressionnant lorsqu'il fait penser à une scène dans le métro du film "Volcan", comme une série B assez divertissante pour l'été. Survolté, il propose tout de même un suspense efficace pour qui veut en avoie plein la vue et les oreilles.
Comme film d'été, il passe encore, mais dès les premiers jours frisquets, il risque d'être vite oublié. sauf peut-être la scène finale sur le pont de Brooklyn : le face à face entre deux légendes. "Attaque du métro 123" ne vaut toutefois pas un bon vieux thriller avec Al Pacino, un autre homme au bout du rouleau, mais en plus convaincant.
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Au XVIIe siècle, le Japon n'est plus en guerre et le pays est dirigé avec fermeté. Hanshirô Tsugumo, un rônin (samouraï errant) sans travail parmi tant d'autres, décide de frapper à la porte du puissant clan des Ii. Reçu par Kageyu Saitô, l'intendant du clan, il lui demande la permission d'accomplir le suicide par harakiri dans la résidence. Tentant de l'en dissuader, Saitô commence alors à lui raconter l'histoire de Motome Chijiwa, un ancien rônin qui souhaitait accomplir, lui aussi, le même rituel.
Harakiri - La critique
Chef-d'oeuvre du genre, sans violence et d'un ton dramatique intensifié : sévère et marquant
Oeuvre sérieuse et très dramatique, qui expose d'une façon crue la situation désespérée de certains rônins obligés de survivre dans des conditions de précarité extrême. Le scénario se présente toutefois comme une histoire assez difficile à suivre pour les non-initiés, entre autres parce qu'il semble vouloir semer la confusion en multipliant les noms et les personnages. En montrant peu de scènes de violence (une seule scène de harakiri avec un sabre de bois, pas très jolie, "Harakiri" évite le gore et se concentre sur une sorte de violence intellectuelle, le choc que peut causer l'idée même de se donner la mort d'une façon aussi cruelle.
De plus, leurs motivations sont difficiles à cerner pour le spectateur qui ne s'est pas encore imprégné du code d'honneur des samouraïs : on ne peut pas accepter moralement que l'on puisse se suicider par honneur, un acte que désapprouvent les sociétés occidentales, qui enseignent que cela est une sorte de crime, donc moralement répréhensible ; dans certaines civilisations, on remarque même que les mort ne pouvaient pas être enterrés en terre sainte s'ils s'étaient suicidés (voir le "Dracula" de Coppola).
La force du film tient toutefois à son milieu de film, une sorte d'apogée, où une problématique simple et solide qui touche même le spectateur le moins concerné par le Japon médiéval rend tout le film plus crédible. En effet, la situation de ce rônin sans empploi qui ne peut prendre soin de sa fille et la marie au fils de son meilleur ami (mort par harakiri) s'avère très touchante. L'interprétation est tellement sobre qu'elle en devient austère, mais on a ainsi bien exprimé l'héroïsme et le sang-froid des anciens samouraïs, des hommes entièrement dévoués à leur métier et leur art, et prêts à en mourir s'il le faut.
Il est possible de cerner les motivations de Tsugumo alors qu'il va frapper à la porte du clan des li : ses motivations ne sont que vengeresses, elles apparaissent à priori obscures mais l'on comprend ses raisons en découvrant le drame qui s'est abattu sur toute sa famille. Le défaut de ce film d'un ton dramatique si poignant qu'il s'apparente à l'expressionnisme allemand se remarque lors des scènes d'une longueur pleine de langueur, sauf pour les passionnés d'affrontements entre samouraïs.
Alors qu'il manque de dynamisme pour un sujet "action" que l'on traiterait aujourd'hui avec des effets spéciaux littéralement explosifs, comme dans "Le Dernier samouraï", "Harakiri" restitue très bien les émotions de ceux qui veulent mourir dans l'honneur. Le cadrage très sobre et le montage tendu sont au service d'une histoire bouleversante. Une oeuvre sévère, peu joyeuse, mais marquante et indispensable.
Prends l'oseille et tire-toi
| Date de reprise : 29 Juillet 2009 Réalisé par Woody Allen Film américain. Genre : Comédie Durée : 1h 25min. Année de production : 1969 Titre original : Take the Money and Run Distribué par Les Acacias Synopsis : Tout le monde a honte de Virgil, même Virgil. Et surtout ses parents qui, pour parler de lui devant les caméras de télévision, ont revêtu des masques de Groucho Marx. Escroc minable, Virgil tente d'échapper à sa condition en épousant Louise, la blanchisseuse amoureuse. Mais il passe son temps en cavale. |
Prends l'oseille et tire-toi - La critique
Frais, léger et bien pensé, un des films les plus comiques de Woody Allen, avec des gags hilarants se succédant sans temps morts
Le premier film de Woody Allen (qui interprète en fin comédien Virgil Starkwell), surprend à plus d'un titre : authentiquement drôle, ses blagues claquantes et ses dialogues brillants et bien assaisonnés en font un petit chef-d'oeuvre génial, sans muse ou actrice récurrente lassante, puisque Woody y fait presque un one man show.
En tant qu'acteur, il se dirige lui-même avec brio et ravit par son interprétation convaincante, en évitant le ton larmoyant, dans un rôle taillé sur mesure pour lui, qui explore le thème du masochisme orgueilleux. Virgil est si idiot et maladroit qu'on ne peut éprouver pour lui que de la sympathie : il serait difficile en effet d'être plus raté que ce binoclard sans ambition (bon, ce n'est pas de sa faute, évidemment) qui ne connaît rien aux femmes. Woody Allen explore déjà les rapports avec la femme, son thème de prédilection commun à l'ensemble de sa filmographie. Et pourtant, le scénario, frais et léger, nous amène sur les ailes de l'espoir : malgré tout, Virgil réussit à trouver l'amour et garder ses amis, il devient même père et sa maladresse pour voler les banques (un des gags hilarants : il se fait prendre à cause des fautes d'orthographe, suivie de séjours en prison, d'ou il s'évade (d'une façon loufoque, avec un revolver en savon), le rendent célèbre.
Ce qui attire surtout l'attention, c'est la construction originale du film alternant entre scènes vécues et émission de télévision : le spectateur se délecte devant la confession des parents de Virgil qui ont si honte qu'ils parlent de leur fils avec des masques, en le décrivant comme un bon à rien. De plus, le montage sans temps morts fait la force de "Prends l'oseille et tire-toi", puisque les gags se succèdent à un rythme déchaîné.
Bien sûr, on peut reprocher à ce film de traiter le crime de façon légère et de n'offrir que peu de réalisme ou de profondeur, mais ce n'est pas ce qu'on attend d'un film de Woody Allen. Il s'agit d'une de ses meilleures réalisations dans la veine comique, avant ses films plus graves et plus sombres. La liberté et la légèreté qui enchantent sont en fait le fruit d'une grande rigueur, d'une attention constante pour partir d'une scène réaliste qui bascule dans l'imaginaire farfelu en provoquant le rire sincère. Woody se montre malin en se moquant des clichés hollywoodiens, comme une scène où le malfrat s'enfuit avec une musique parodiant "Thriller". Peut-être même le Woody Allen le plus comique de tous, avec "Tire les filles et tais-toi".
Jusqu'à toi
Synopsis :
| Chloé, 26 ans, vit seule à Paris, entre une voisine envahissante, une collègue mesquine, un loueur de DVD un peu donneur de leçons... Une vie qui n'est pas à la hauteur de ses espérances... Jack, la trentaine, Américain largué par sa copine, gagne un séjour à Paris. Chloé va alors, par un heureux hasard, récupérer la valise de Jack, celle que lui a légué son père et à laquelle il tient plus que tout. Et tomber amoureuse de son contenu... Chloé aime Jack, même si elle ne l'a jamais vu, même si elle ne sait rien de lui. Elle se persuade qu'il est l'homme de sa vie, qu'ils sont faits l'un pour l'autre, et elle va tout faire pour le retrouver... |
Jusqu'à toi - La critique
Charmante et légère, une comédie sentimentale dont le scénario aurait dû être plus tendu, qui fait bonne figure comme premier long métrage
Cette comédie sentimentale pleine de candeur a un certain charme qui finit par séduire, malgré le scénario un peu plat et décousu. Sa force vient surtout du trio d'acteurs que l'on a plaisir à retrouver : Mélanie Laurent ("Je vais bien, ne t'en fais pas"), Justin Bartha ("Very bad trip") et Billy Boyd ("Le Seigneur des anneaux"). Cette réalisation franco-canadienne traite d'une histoire d'amour entre un Américain et une Parisienne : choc des cultures, pas vraiment, puisqu'il y a une grande affinité de tempérament (rêveur, perdu, maladroit, enfantin...)
Toutefois, "Jusqu'à toi" manque du punch, de la philosophie et des dialogues pétillants qui auraient le pouvoir de nous enchanter et nous faire rêver comme le fait l'héroïne, Chloé, qui tombe amoureuse d'une valise et son contenu avant de chercher son propriétaire.
Comme premier long-métrage de Jennifer Devoldere, ce film s'avère assez satisfaisant pour parvenir jusqu'à nous, si l'on peut espérer que l'apprentie réalisatrice ajoutera de la magie dans son prochain film en boostant le moral de ses troupes pour faire une comédie romantique avec personnages forts comme dans "Two days in Paris" et "Broken english", où deux cultures se rencontraient dans une histoire d'amour. Le mieux serait même qu'elle parvienne à un résultat enjoué et plein de peps à la manière de "Décalage horaire", une autre histoire d'amour ayant pour décor, le plus souvent, des lieux d'un aéroport, au croisement des mondes...

