Les films qui ont marqué ma vie : "Les sept mercenaires", un western sublime et enlevant

Publié le par Josée - Vampirella Orasul

 "Les sept mercenaires", western classique, se révèle être un chef-d'oeuvre d'envergure, inspiré par l'oeuvre de Akira Kurosawa, "Les sept samouraïs". Il dispose d'un casting de rêve : parmi les sept fougueux mercenaires, impressionnants hommes de classe aux visages bien tannés, endurcis, on compte Yul Brynner, aussi imperturbable que dans "Les dix commandements", entouré d'acteurs alors inconnus comme Charles Bronson et Steve McQueen, qui sont depuis devenus des figures légendaires du cinéma américain.

Le réalisateur John Sturges a su mettre en scène cette histoire d'une façon intelligente et captivante en visant juste, comme il l'avait fait pour "La grande évasion", et la musique d'Elmer Bernstein contribue à l'atmosphère dramatique. Sturges a repris avec succès tous les éléments-clés d'un western réussi, depuis les cow boys séduisants, endurcis, à l'air nonchalant, capables de dégainer au quart de tour, jusqu'aux malfaiteurs sans morale et idiots, avec en plus le village éloigné habité par des fermiers apeurés. Les scènes de fusillades ne sont pas en reste : elles tiennent le spectateur en haleine avec leur style faisant penser à "Règlements de compte à O.K. Corral".

Le succès des Sept mercenaire repose sur une intrigue assez simple : des fermiers qui sont les victimes d'un gangster volant les provisions durement récoltées, et qui les affame en les privant, ce qui fait surtout souffrir les enfants. Ces fermiers désemparés décident de se révolter et demandent l'aide de l'ancien qui leur conseille de lutter : ils font appel à un cow boy qui les a impressionnés. Ils ont été témoins d'une scène marquante quand il a eu le courage de s'opposer à des malfaiteurs pour faire enterrer un Indien. En Robin des bois du Far west, ce cow boy réunit toute une équipe de durs à cuire comme lui pour défendre les fermiers. Il trouve d'abord son premier compagnon, interprété par Steve McQueen, avec qui il forme un duo de choc. Viennent se greffer cinq autres courageux alliés, chacun avec sa personnalité. Chaque héros avec ses caractéristiques propres ajoute une touche d'originalité supplémentaire au film. On apprécie surtout les nuances chez les personnages, qui ne sont jamais manichéens, mais parfois pleins de doutes malgré leur courage.

Les décors très bien faits, les sublimes paysages désertiques filmés, les costumes d'époque parfaits concourent à former l'ambiance idéale des scènes d'action. Ainsi, la lenteur et la chaleur, l'immobilité s'opposent aux soudaines explosions de violence et de conflits, la surprise vient de l'alternance constante des deux.

Le scénario intelligent et philosophique propose quelques belles leçons de vie et même une histoire d'amour au milieu de la poussière : ces cow boys ne sont pas si dépourvus de sentiments et d'attaches que l'on pourrait le croire, enfin, pas tous... De plus, le montage sans temps mort en fait un film long mais qui passe rapidement parce qu'il occupe l'esprit par tant de beauté et de scènes mouvementées. Le film, à la fois classique et moderne, parle des traditions qu'il faut conserver, mais aussi de ce désir de liberté que l'on ne peut pas abattre et qu'il faut toujours défendre, coûte que coûte.

"Les sept mercenaires" ne dévie peut-être pas de la trame classique pour un western mais ses superbes images et son groupe d'interprètes énergiques en font un modèle du genre, à faire rêver quand les deux cow boys s'éloignent dans l'or du couchant comme Lucky Luke, sans peur, sans ennemis et sans attaches... Avant Sergio Leone, il s'agit d'une oeuvre bien aboutie, admirable et sans reproches.

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Publié dans Mes films préférés

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