"G. I. Joe, le réveil du Cobra", un film popcorn aux effets spéciaux et explosions spectaculaires

Publié le par Josée - Vampirella Orasul

 Stephen Sommers, le réalisateur de "Van Helsing" et le producteur de "La momie" signe un autre film visuellement impressionnant, mettant aussi en scènes des sortes de monstres, des combattants métallisés qui ont perdu presque tout aspect humain, les G. I. Joe.

Dans une sorte de plaisir enfantin coupable, les amateurs des figurines de Hasbro, qui enchantent les petits garçons depuis 1964, pourraient suivre ces péripéties avec curiosité. L'ensemble, bien que ce soit une série B, a de quoi surprendre : c'est le délire généralisé dans un festival d'effets spéciaux et d'action qui n'arrête pas une minute !

Les scénaristes ont l'air d'avoir écrit pendant qu'ils étaient en vacances à la plage, tout en s'imaginant que le cerveau du spectateur serait aussi paresseux que les leurs. Ainsi, cette surenchère d'explosions ad nauseam n'a presque aucun fil conducteur : le film n'a ni queue, ni tête et se présente comme une sorte de compilation où on a tout jeté pêle-mêle pour réaliser des rêves qu'auraient les enfants de 10 ans.

L'interprétation s'avère tout de même satisfaisante, mais sans éclat : une rousse originale et au caractère déterminé, un Noir rigolo et dragueur, un blanc sentimental et fidèle et un président trop décontracté qui perd toute crédibilité. L'équipe a bien joué son rôle, mais les ressources humaines n'ont qu'une tâche secondaire : l'essentiel pour le réalisateur est de montrer qu'il sait utiliser des effets spéciaux numérique à la fine pointe de la technologie. Tout de même, l'on doit reconnaître que la belle scène d'infographie, où l'on voit la Tour Eiffel qui s'écroule et se retrouve couchée dans la Seine est assez étonnante !

De plus, la ville de Paris est bien filmée, l'on découvre qu'elle peut servir de décor à un vrai film d'action américain qui enchaîne les explosions, alors qu'on l'a trop vue dans des films français du genre comédie romantique, il y a là un esprit d'innovation. Le film s'avère ambitieux en n'oubliant pas de filmer la Maison Blanche. En plus, les reconstitutions d'époque sont plutôt convaincantes, par exemple, Paris en 1641 et Tokyo, il y a vingt ans. Tous ces effets spéciaux et beaux décors créent une ambiance qui porte à la rêverie, l'action renversante ne comportant aucune émotion qui permettrait d'espérer que les "bons" triomphent des "méchants". Le spectateur devient blasé de la surenchère de poudre aux yeux, ce qui peut lui faire oublier le semblant d'intrigue.

Les dialogues à la noix ne sont pas à la hauteur de la classe et du courage que l'on pourrait espérer des G I. Joe, la psychologie crétine des personnages reste superficielle et la banalité des rapports humains rend indifférent. On a peu travaillé ces aspects car on était trop occupés à travailler l'aspect pyrotechnique.

A la rigueur, on aurait pu sauver le film par une musique rythmée comme dans "Rocky" pour accompagner l'avalanche de violence gratuite grotesque, mais ce n'est même pas le cas : rien pour s'accrocher, ni personnages au charme dévastateur, ni musique entraînante, ni émotion, ni moments de tension.


Au final, une sorte de pop corn movie assez ringard et pas très original, même pour le niveau moins élevé qu'on attend du film d'action. Cela pourrait plaire aux amateurs de jeux vidéo, mais d'un point de vue cinématographiques, les qualités qu'on trouve au film sont plutôt pâlottes. Les seules explosions sont donc créées artificiellement, car le manque d'imagination a éteint le reste.

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Publié dans Critiques de films

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