Inglorious basterds (2009), l'oeuvre énergique d'un Tarantino au sommet de son art (pop grotesque) !

Publié le par Josée - Vampirella Orasul

Date de sortie : 19 Août 2009   
Réalisé par Quentin Tarantino
Film américain, allemand. 
Genre : Guerre
Durée : 2h 33min. 
Année de production : 2008
Interdit aux moins de 12 ans
Distribué par Universal Pictures International France



Scénario :
Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d'une salle de cinéma.
Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. "Les bâtards", nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l'actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d'éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l'entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle...

Critique :

Volontiers grotesque, la comédie de guerre de Tarantino, qui a perdu toute sa virilité, n'hésite pas à se lancer dans l'absurdité la plus complète. Le films soulève le problème moral de faire une comédie avec des nazis et rappelle la prétention américaine de mener le monde, les coutumes héritées aux Indiens (scalper l'ennemi), et le fantasme de tuer Hitler et Goebbels ("Gobelet") que Tom Cruise avait déjà réalisé dans "Walkyrie", même s'il personnifiait un Allemand. Tout comme "Pulp fiction", l'oeuvre est constituée d'une série de sketches savoureux et vivants avec des dialogues colorés : il faut reconnaître l'originalité de l'entreprise !

Le cinéaste qui n'a pas froid aux yeux a fait appel à un casting made in heaven avec Brad Pitt qui s'en sort en livrant un véritable numéro de cabotinage : il personnifie Raines, un lieutenant guidé, plein de tics, de grimaces et d'ironie, qui se croit malin ; Daniel Brühl qui joue avec finesse un rôle plein d'ambiguïté d'un Allemand ayant un poste haut placé, compromis dans ce drame, qui pourtant tombe sous le charme dune juive, tant qu'on imagine qu'il puisse aimer. Son fuhrer ridicule ressemble à celui de "Mon fuhrer". et son colonel Landa représente tous les homosexuels d'Autriche. On y ajoute Diane Kruger, en pleine forme, plus vraie que nature, qui a joué la femme traquée dans "Pour elle" (on retrouve là la propension de Tarantino à replace les acteurs dans des rôles qu'ils ont déjà tenus), qui joue ici la femme fatale : elle interprète Bridget, une séduisante actrice qui fait passer les Américains avec elle lors d'une soirée réunissant les nazis.

La mise en scène très stylisée, le montage rapide et savant comme dans "Boulevard de la mort", l'humour bizarre et mal tourné (le plâtre en forme de chaussure à talon haut, les Américains parlant un mauvais italien) sont de toute évidence le résultat du talent d'un cinéaste devenu maître de son art. Ce que ce film n'a pas en tant que sobriété et subtilité, il le compense par son arrogance et son mauvais goût tape à l'oeil qui renvoie à la culture pop, le style inimitable de Tarantino. Un tel rassemblement de gags ringards lancés avec cette force de frappe remarquable ne saurait que forcer l'admiration. Les explosions de violence graphique subite tiennent le spectateur rivé au bout de son siège.

Tarantino, avec sa boulimie cinéphile, a pu s'inspirer des "Douze salopards" d'Aldrich et de "Jeux dangereux" de Lubitsch. Mais son film ressemble aussi étrangement à deux chefs-d'oeuvre de chez nanarland, "Une poignée de salopards" de Castellari, dont le titre américain était bien "Inglorious bastards", ou d'un autre film raté mais plus brillant que ses semblables, "Le bataillon en folie" de Samperi.  Ce dernier film s'inspirait d'une BD pop, ce qui a sans doute inspiré Tarantino, qui aime les références à la culture pop. Il a travesti ces comédies de guerre en retenant l'humour picaresque mais il les a rendues méconnaissables par digression narrative puisque les femmes dans son film jouent les rôles principaux. Mélanie Laurent campe Shosanna, la victime vengeresse (l'irréalité de sa fuite n'a aucune crédibilité) et Diane Kruger campe l'espionne de classe.

En bref, il s'agit d'un très grand cinéaste qui rend hommage aux plus petits dans son excentricité et sa façon de faire des références cinématographiques puisées n'importe où. Puisque le ridicule ne tue pas, Tarantino s'est lancé à corps perdu dans la réalisation d'un film mélangeant l'horreur, le western spaghetti et le film de guerre : le résultat abracadabrant surprend par son ton comique déplacé. Il faut lui reconnaître un certain courage. Et puis, c'est un Tarantino. Qui n'aime pas doit s'y faire.
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Publié dans Critiques de films

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A
J'ai beaucoup aimé, et pourtant, il a fallu m'y traîner! Je n'ai pas reconnu toutes les références cinématographiques (je n'ai autant de culture dans ce domaine que toi) mais j'ai quand même reconnu la référence à Cendrillon, à un moment... sauf que ce n'est pas le prince charmant qui présente la chaussure...lol
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